La Dre Marion Rogers en compagnie du récipiendaire    de 2007, le Dr Alastair Cunningham.

 

 

Qu’est-ce que la médecine complémentaire et alternative (MCA)?

Chaque fois que vous poserez cette question, vous obtiendrez une réponse différente. La MCA couvre une telle plage d’options de traitements potentiels, allant du massage à la méditation en passant par les aimants... de l’Essiac aux chandelles auriculaires et à l’exercice... du 714X au COQ10, qu’il n’existe pas de définition simple et précise.

Au Canada, l’association à la fine pointe de la recherche en MCA est le Réseau canadien interdisciplinaire pour la recherche sur la médecine complémentaire et parallèle (In-MCP), lequel a adopté la définition de la médecine complémentaire et alternative proposée par le National Center for Complementary and Alternative Medicine (NCCAM) des États-Unis, à savoir :

La médecine complémentaire et alternative est un regroupement de systèmes de soins de santé médicaux, de pratiques et de produits qui ne sont pas actuellement considérés comme faisant partie des pratiques médicales traditionnelles.

La médecine complémentaire est utilisée parallèlement à la médecine traditionnelle. La médecine alternative est utilisée à la place de la médecine traditionnelle. Le répertoire de ce qui est considéré comme étant de la MCA change continuellement, au fur et à mesure où ses thérapies se révèlent être sécuritaires et efficaces et qu’elles sont intégrées aux soins de santé traditionnels et que de nouvelles approches envers les soins de santé émergent.

Au cours des années 1970 et 1980 en Amérique du Nord, ces thérapies étaient cataloguées sous les rubriques « non orthodoxes » et « non conventionnelles », puis sous l’appellation « alternatives » pour ensuite devenir « complémentaires et alternatives », ou MCA.

Tel que souligné dans cette brève vidéo, ce qui était qualifié de non conventionnel est devenu conventionnel grâce aux efforts et à l'engagement de quelques pionniers passionnés.

La médecine traditionnelle ou « occidentale » est allopathe. Un médecin allopathe applique des principes de médecine qui considèrent le médecin comme étant un intervenant tentant de contrer les signes et les symptômes de la maladie par une approche pharmaceutique ou technologique. Les traitements pharmaceutiques ou technologiques utilisés ont été établis au fil du temps et sont le plus souvent prescrits par les médecins. Nombreux sont ceux qui ont fait l’objet d’études approfondies, et beaucoup de temps et d’efforts ont été consacrés afin d’améliorer les bienfaits de ces traitements. Ces recherches médicales institutionnalisées sont absolument nécessaires afin d’élargir notre champ de connaissances, car la pratique de la médecine devient de plus en plus spécialisée. Par exemple, d’immenses progrès ont été réalisés dans le domaine des soins médicaux d’urgence.

De nombreux traitements et pratiques qui étaient à l’origine considérés comme étant ridicules et absurdes font maintenant partie de la médecine allopathique. Par exemple, le Dr Ignace Semmelweiss, un médecin pratiquant à Vienne au 19e siècle, a établi à partir de recherches que lorsque les médecins se lavaient les mains entre deux consultations, il y avait une baisse du taux de mortalité provoqué par la fièvre puerpérale dans un des services d’obstétrique de l’hôpital général de Vienne, celui-ci passant de 12,24 % à 2,38 %. L’origine microbienne des maladies n‘ayant pas encore été découverte, ces travaux ont été rejetés à l’époque, sous le couvert d’une lacune de fondement scientifique, comme étant soit d’origine religieuse ou superstitieuse.

Plus récemment en 1983, les docteurs Barry Marshall et Robin Warren ont démontré que la bactérie Helicobacter pylori était responsable des ulcères d’estomac. C’était contraire aux idées acquises à savoir que les ulcères sont provoqués par le stress, les mets épicés et l’acide gastrique. De plus, tout le monde était convaincu que les bactéries ne peuvent survivre dans l’environnement acide des intestins. Ainsi, cette découverte fut ridiculisée. Cependant, le Dr Marshall en fit la démonstration par une expérience sur lui-même, en ingérant la bactérie et en développant des ulcères, lesquels furent subséquemment traités aux antibiotiques. Changer le mode de traitement des ulcères, établi selon les pratiques de la médecine traditionnelle, a exigé de nombreuses années (aperçu chronologie, en anglais seulement). En 2005, les docteurs Marshall et Warren ont reçu le Prix Nobel de médecine pour leurs travaux.

Il existe de nombreux exemples où la médecine alternative est devenue une pratique courante au fil du temps. Ce sont des esprits peu communs, capables de penser l’impensable et d’avoir le courage d’appliquer leurs découvertes, car il faut souvent beaucoup de temps avant que les nouvelles idées soient acceptées.