Le Prix Dr Rogers a été présenté à la Dre Marja Verhoef le 23 septembre 2011 par Gordon Rogers, lors du banque de remise du Prix.

Les lauréats de 2009, le Dr Badri Rickhi (à gauche) et le Dr Hal Gunn (à droite), en compagnie de Geoff Rogers (au milieu), fils du Dr Roger Hayward Rogers

Les Drs Alastair Cunningham (à gauche) et Abram Hoffer (à droite), lauréats de 2007

 

D’une valeur de 250 000 $, le Prix Dr Rogers pour l’excellence en médecine complémentaire et alternative (MCA) est décerné tous les deux ans, pour célébrer les réalisations des chercheurs, des praticiens et des autres intervenants du domaine des soins de santé relevant de la MCA. Décerné pour la première fois en 2007, le Prix Dr Rogers est le plus important de son genre au Canada.

Le concours est ouvert aux individus dont les activités de médecine complémentaire ou alternative sont menées au Canada. Le récipiendaire de ce prix est un individu qui incarne un niveau de vision, de leadership et d’intégrité comparable à celui dont a fait preuve le Dr Roger Hayward Rogers, dont le prix commémore le nom. Premier médecin à offrir des thérapies non traditionnelles aux patients atteints de cancer, le Dr Roger a été un pionnier de la MCA au Canada. En reconnaissance de son travail novateur, il a reçu l'Ordre de la Colombie-Britannique (Order of British Columbia).

Nombre de traitements et pratiques que nous considérons désormais comme ordinaires – voire, relevant du gros bon sens – ont connu de l'opposition et de la résistance autrefois. Plusieurs furent d'abord considérés comme étant grotesques, ainsi que ridiculisés, rejetés et écartés.

Des idées comme celle du Dr Ignace Semmelweis qui, au milieu du 19e siècle, a établi que lorsque les médecins se lavaient les mains entre les consultations accordées à leurs patientes, ils réduisaient de manière spectaculaire le taux de mortalité des services d'obstétrique. La théorie de l'origine microbienne des maladies n'ayant pas encore été découverte, ses travaux furent rejetés. À l'époque, on déclara que cela n'avait aucun fondement scientifique et relevait de la religion ou de la superstition. Les faits prouvant que le lavage des mains était une pratique efficace qui sauvait des vies ne furent acceptées qu'après l'internement et le décès du Dr Semmelweis. Il fallut attendre que Louis Pasteur soit en mesure de développer cette théorie et de mener des expériences à ce sujet pour prouver que la théorie était correcte avant que sa validité soit communément acceptée, encore que pas entièrement au début.

En 1983, les docteurs Barry Marshall et Robin Warren ont prouvé que la bactérie Helicobacter pylori était responsable des ulcères d'estomac. C’était contraire aux idées acquises à savoir que les ulcères sont provoqués par le stress, les mets épicés et l’acide gastrique. De plus, tout le monde était convaincu que les bactéries ne pouvaient survivre dans l’environnement acide des intestins. La découverte fut ridiculisée. Cependant, le Dr Marshall en fit la démonstration par une expérience sur lui-même, en ingérant la bactérie et en développant des ulcères, lesquels furent ensuite traités aux antibiotiques. Il a fallu de nombreuses années pour changer le mode de traitement des ulcères établi selon les pratiques de la médecine traditionnelle (chronologie (en anglais)). En 2005, les Drs Marshall et Warren ont reçu le Prix Nobel de la physiologie ou de la médecine pour cette découverte.

Plus récemment, l'approche radicalement différente du Dr Paolo Zamboni pour traiter la sclérose en plaques (site en anglais) fait les manchettes à l’heure actuelle et est des plus controversées. Le Dr Zamboni dirige le Centre des affections vasculaires à l'Université de Ferrara en Italie. Son approche, qui repose sur l’hypothèse de l’« insuffisance veineuse céphalorachidienne chronique (IVCC) », soutient que la sclérose en plaques est une affection vasculaire causée par un blocage ou des fuites dans les veines qui assurent le drainage sanguin du cerveau. Son traitement, qui porte le nom de « procédure de libération », consiste à insérer des endoprothèses ou cathéters ballons dans les veines déformées ou bloquées pour les dilater. Des recherches visant à reproduire ses résultats sont en cours à l’échelle internationale. Entre-temps, les personnes atteintes de sclérose en plaques se déplacent de partout pour se faire traiter.

Le Dr Rogers soignait des personnes atteintes de cancer qui se faisaient dire qu'elles avaient épuisé les possibilités de traitement et devraient mettre leurs affaires en ordre. Son approche était axée sur la stimulation du système immunitaire, pour que celui-ci reconnaisse et combatte le cancer. Il adopta cette ligne de conduite tout en sachant que les faits ne l'avaient pas encore établie, mais il maintenait catégoriquement que ces personnes avaient le « droit d'essayer avant de mourir ». Il éprouvait du dévouement pour ses patients et était disposé à remettre en question les idées traditionnelles, osant s'écarter de la facilité et de l'assurance prodiguées par la pratique acceptée afin d'étudier des avenues pour les personnes reléguées aux soins palliatifs. La notion de mobiliser le système immunitaire pour combattre le cancer a fait son chemin et est désormais l'objet de recherches à la B.C. Cancer Agency, effectuées par le Dr Brad Nelson, entre autres. Le centre mis sur pied par le Dr Rogers au cours des années 1970 a évolué et est devenu Inspirehealth, qui offre des soins intégrés à un nombre grandissant de patients atteints de cancer.

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